Procès de la culture

La campagne Objectif Culture a pour but de placer la culture au centre des discussions et des débats. Pour cela, nous avons occuper l’espace public avec notamment des affiches. Dans le même mouvement, nous avons également organiser des déambulations dans la ville. Nous avons contribué à faire maintenir une antenne de la Haute Ecole de musique à Neuchâtel. En ce moment, nous sommes aux côtés de la Fédération neuchâteloise des actrices et des acteurs culturel-le-s pour défendre le pourcent culturel que l’on souhaite être alloué à la culture dans le canton.

Cette visibilité choisie nous met en danger. Nous sommes sur la ligne de mire de la justice, qui nous réclame 600.- de frais de justice, suite à l’affaire des affiches dites “sauvages” de la campagne Objectif Culture. Franchir les lignes établies ne plaît pas aux institutions. C’est parce que nous sommes convaincu-e-s qu’il est crucial de sauvegarder la culture, et de la mettre au centre de nos réflexions et de nos choix d’actions et d’organisation du vivre-ensemble, que nous n’hésitons pas à payer les frais s’il le faut.

Vous pouvez nous soutenir en participant à ces frais. Merci d’avance !

Je soutiens la culture !

https://gofund.me/06b9d907

Initiative pour 1% culturel

“La culture a connu un développement important ces vingt dernières années dans notre canton. De nombreux événements ou lieux se sont créés et développés (NIFFF, Plage des Six- Pompes, Festi’Neuch, Théâtre du Passage,…). La création artistique, indépendante comme institutionnelle, a connu une dynamique qui n’a rien à envier à l’Arc lémanique. La mise en valeur de notre patrimoine a également connu un bel essor durant ces deux décennies.

Hélas, le soutien de l’Etat a stagné durant ces vingt ans, avec pour résultat une augmentation au-delà du raisonnable de la part de bénévolat exigée des actrices et acteurs culturels professionnels. La situation de nombre d’entre eux est précaire, et l’arrêt total du secteur culturel, dû à la pandémie, provoque un appauvrissement tant des professionnels de la branche, que de l’offre culturelle.

C’est ainsi que notre canton se retrouve dix-neuvième au classement intercantonal des soutiens à la culture; soit le dernier Romand, suivi seulement par les cantons de Suisse centrale. Selon l’OFS, la part moyenne des dépenses cantonales pour la culture est de 1.9 % des budgets. À Neuchâtel, elle est de 0.57 % seulement ! Les communes et la Loterie Romande contribuant déjà de manière importante, L’Etat ne peut plus se reposer sur elles. Il doit rattraper son retard en augmentant sa contribution au financement de la culture.

Déterminés à ne pas voir la richesse et la diversité de l’offre culturelle de notre canton s’étioler, mais conscients des difficultés financières du canton, nous demandons que l’Etat consacre un pourcent de ses dépenses au soutien à la culture. Nous serons encore largement en-dessous de la moyenne nationale, mais ce pourcent permettra de consolider le statut des artistes professionnels, de soutenir les festivals et les institutions, de développer les pratiques amateurs, et de poursuivre la dynamique de création et de conservation du patrimoine, initiée il y a plus de 20 ans.”

Fédération neuchâteloise des actrices et acteurs culturels (FNAAC)

Merci de signer l’initiative “Pour 1% culturel” !

Télécharger la feuille de signatures

Dans ce sens, au niveau fédéral, nous soutenons l’importance de maintenir les mesures de soutien à la culture jusqu’au 22 avril 2022. En effet, le processus de création, la planification d’événements culturels, l’organisation matérielle et des personnes, demandent dans le domaine de la culture plus d’une année pour retomber sur ses pattes.

A ce propos, on relaie l’intervention de Stéfanie Prezioso au Conseil national.

Lire l’intervention

No Culture / No Future

Durant cette période spéciale et sans doute cruciale révélée par le covid-19, nous sommes toute-x-s touché-e-x-s directement ou indirectement dans nos vies, nos métiers, nos activités, nos aspirations.

Les travailleuses et travailleurs de la culture sont également touché-e-x-s. Aux statuts précaires, avec des contrats à durée déterminée, ou encore en tant qu’indépendant-e-x-s et intermittent-e-x-s de la culture, iels sont fragilisé-e-x-s, autant que l’écosystème dans lequel iels se trouvent. Si la culture est en souffrance c’est que les plaies ne datent pas de la première fermeture due au semi-confinement. Le manque de reconnaissance est devenu béant au moment où même ce qui “fonctionnait” dans la culture à dû stopper net.

Nous relayons ici les revendications émises par des travailleuses et travailleurs de la culture, qui ont organisé dans toute la Suisse romande, le samedi 13 février 2021, des flashmobs. La “Lettre ouverte No Culture / No Future” a été lue, suivie de 11 minutes de silence et d’1 minute d’animation, de musique, de vie.

Plus que jamais nous avons besoin du joyeux tintamarre que procurent la culture, l’art, la créativité. Pour imaginer des avenirs radieux et possibles, il faut non seulement de la détermination, mais aussi une envie de continuer à faire et vivre-ensemble.

Flashmob “No cultureNo future”, Place des Halles à Neuchâtel, samedi 13 février 2021.

Jam online

Une manière de soutenir la musique live, la faire vivre malgré les restrictions sur les rassemblements, est de participer à la jam qui aura lieu le samedi 27 juin à 19h30, avec des musiciens de la case à chocs.

Marche à suivre : se connecter sur zoom avec l’ID : 283 661 4586

Checker la liste des morceaux sur dropbox : https://www.dropbox.com/sh/89qg8tajygd31st/AACHZN3MoOPmvzBIbIOSDGj0a?dl=0

Participer, se filmer, jouer, écouter, s’éclater !

Plus d’infos :

https://www.facebook.com/events/66119182779https://www.facebook.com/events/661191827798598/8598/

Arts vivants en danger

Le Collectif TRAC met en ligne une pétition demandant la prise en compte de domaines d’activités culturelles, en l’occurence le théâtre, de façon égale des autres domaines économiques. En ces temps de début de déconfinement post-coronavirus, les actrices et acteurs des arts vivants souhaitent pouvoir poursuivre leurs activités et surtout de ne pas être oublié-e-s parmi les impératifs d’une (RE-)construction du vivre-ensemble.

Il serait temps d’envisager sérieusement la rémunération de personnes en activité avec utilité publique, telles que des comédiennes et comédiens qui répètent une scène, des technicien-ne-s qui préparent un spectacle, ou un-e graphiste qui réfléchit sur les visuels de la prochaine saison, etc. Cette liste ne devrait pas s’arrêter au monde des arts vivants !

https://www.petitionenligne.ch/arts_vivants_en_danger

La culture en temps de crise

La situation de crise sociale, causée par la pandémie du covid 19, laisse plus d’un-e le temps de réfléchir sur nos priorités de vie et les valeurs que nous chérissons. Un grand nombre de citoyen-ne-s, de mouvements, d’associations ont fait entendre un “Plus jamais ça !”.

Le message est clair : “Il ne faut pas un retour à la normale, car la normalité est le problème”.

Pour une réflexion sur ce qu’il est nécessaire pour la suite de ce que nous vivons maintenant (encore semi-confiné-e-s pour la plupart), voici le lien d’une lettre de Matthias Langhoff parue sur Mediapart.fr le 20 avril 2020 : “Donner congé aux destructions de la culture” : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog/200420/donner-conge-aux-destructions-de-la-culture-par-matthias-langhoff

Matthias Langhoff appelle d’abord à revoir de fonds en comble les méthodes de subventions pour le théâtre (qui est son domaine d’activité) et pour la culture en général.

Ce soutien à la culture doit être le souci de tout-e un-e chacun-e, car elle est un bien public, tout comme l’est l’éducation.

“La culture ne dépend pas d’événements pour exister, elle naît de la participation de chacun et du travail.” (M. Langhoff)

Matthias Langhoff conçoit la culture comme distincte des formes événementielles et spectaculaires des rencontres culturelles. Ces dernières relèvent de la marchandisation de la culture liée à un marché (marché de l’art, marché des festivals, marché des concerts, etc.). Pour sa survie, la culture devrait se détacher de cette forme problématique (fortement discutée depuis notamment “la société du spectacle” de Guy Debord).

“Que signifie pour les musiciens travailler un morceau de musique, que ce soit une création ou une oeuvre du répertoire, pour une seule représentation ? C’est une vacherie, et pas seulement sur le plan financier ; ils sont aussi trompés dans leur sentiment de vivre de leur travail.” (M. Langhoff)

Ainsi c’est le salaire des artistes qui ne devrait pas être déterminé par le marché. Nous retrouvons ici une revendication de groupes d’actrices et acteurs culturel-le-s qui exigent un revenu de base inconditionnel, autant pour les permanent-e-s, les intermittent-e-s et les indépendant-e-s.

Le revenu de base inconditionnel est nécessaire pour le monde culturel, mais également pour tous les autres domaines d’activités.

“Change le monde (il en a besoin)” (Bertold Brecht).

Que nous le voulons ou non, nous sommes dans une période de crise. Celle-ci est de taille, car elle pourrait mener à l’extinction de l’espèce humaine. Une chose est sûre : la biodiversité et la vie sur Terre connaissent de graves bouleversements qui leur sont néfastes, causés par les activités humaines. Nous avons l’obligation de tout faire pour stopper ces bouleversements, et surtout imaginer et construire dès maintenant le monde meilleur, plus juste pour toute-x-s ,plus vivable, plus respectueux envers tout-x.

Je me rallie aux voix qui exigent dès à présent d’être utopiste et démesuré-e. Car le problème ne peut être résolu par de petits gestes (même si ces petits gestes peuvent changer en ce qu’ils signifient une intention utopiste). Or le problème est démesuré et profond. Face à cela, nous avons l’obligation d’être démesuré-e-s, inventif-ve-s, utopistes. La démesure du problème appelle une mobilisation massive, extraordinaire et décomplexée.

Pour aller plus loin dans ces réflexions, voir aussi : les autres articles parus dans le blog “Au jour d’après ? Quel jour d’après ?” de Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog?page=4

l’appel des Amis de la Terre : https://www.amisdelaterre.org/plus-jamais-ca-preparons-le-jour-dapres/