Jam online

Une manière de soutenir la musique live, la faire vivre malgré les restrictions sur les rassemblements, est de participer à la jam qui aura lieu le samedi 27 juin à 19h30, avec des musiciens de la case à chocs.

Marche à suivre : se connecter sur zoom avec l’ID : 283 661 4586

Checker la liste des morceaux sur dropbox : https://www.dropbox.com/sh/89qg8tajygd31st/AACHZN3MoOPmvzBIbIOSDGj0a?dl=0

Participer, se filmer, jouer, écouter, s’éclater !

Plus d’infos :

https://www.facebook.com/events/66119182779https://www.facebook.com/events/661191827798598/8598/

Arts vivants en danger

Le Collectif TRAC met en ligne une pétition demandant la prise en compte de domaines d’activités culturelles, en l’occurence le théâtre, de façon égale des autres domaines économiques. En ces temps de début de déconfinement post-coronavirus, les actrices et acteurs des arts vivants souhaitent pouvoir poursuivre leurs activités et surtout de ne pas être oublié-e-s parmi les impératifs d’une (RE-)construction du vivre-ensemble.

Il serait temps d’envisager sérieusement la rémunération de personnes en activité avec utilité publique, telles que des comédiennes et comédiens qui répètent une scène, des technicien-ne-s qui préparent un spectacle, ou un-e graphiste qui réfléchit sur les visuels de la prochaine saison, etc. Cette liste ne devrait pas s’arrêter au monde des arts vivants !

https://www.petitionenligne.ch/arts_vivants_en_danger

La culture en temps de crise

La situation de crise sociale, causée par la pandémie du covid 19, laisse plus d’un-e le temps de réfléchir sur nos priorités de vie et les valeurs que nous chérissons. Un grand nombre de citoyen-ne-s, de mouvements, d’associations ont fait entendre un “Plus jamais ça !”.

Le message est clair : “Il ne faut pas un retour à la normale, car la normalité est le problème”.

Pour une réflexion sur ce qu’il est nécessaire pour la suite de ce que nous vivons maintenant (encore semi-confiné-e-s pour la plupart), voici le lien d’une lettre de Matthias Langhoff parue sur Mediapart.fr le 20 avril 2020 : “Donner congé aux destructions de la culture” : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog/200420/donner-conge-aux-destructions-de-la-culture-par-matthias-langhoff

Matthias Langhoff appelle d’abord à revoir de fonds en comble les méthodes de subventions pour le théâtre (qui est son domaine d’activité) et pour la culture en général.

Ce soutien à la culture doit être le souci de tout-e un-e chacun-e, car elle est un bien public, tout comme l’est l’éducation.

“La culture ne dépend pas d’événements pour exister, elle naît de la participation de chacun et du travail.” (M. Langhoff)

Matthias Langhoff conçoit la culture comme distincte des formes événementielles et spectaculaires des rencontres culturelles. Ces dernières relèvent de la marchandisation de la culture liée à un marché (marché de l’art, marché des festivals, marché des concerts, etc.). Pour sa survie, la culture devrait se détacher de cette forme problématique (fortement discutée depuis notamment “la société du spectacle” de Guy Debord).

“Que signifie pour les musiciens travailler un morceau de musique, que ce soit une création ou une oeuvre du répertoire, pour une seule représentation ? C’est une vacherie, et pas seulement sur le plan financier ; ils sont aussi trompés dans leur sentiment de vivre de leur travail.” (M. Langhoff)

Ainsi c’est le salaire des artistes qui ne devrait pas être déterminé par le marché. Nous retrouvons ici une revendication de groupes d’actrices et acteurs culturel-le-s qui exigent un revenu de base inconditionnel, autant pour les permanent-e-s, les intermittent-e-s et les indépendant-e-s.

Le revenu de base inconditionnel est nécessaire pour le monde culturel, mais également pour tous les autres domaines d’activités.

“Change le monde (il en a besoin)” (Bertold Brecht).

Que nous le voulons ou non, nous sommes dans une période de crise. Celle-ci est de taille, car elle pourrait mener à l’extinction de l’espèce humaine. Une chose est sûre : la biodiversité et la vie sur Terre connaissent de graves bouleversements qui leur sont néfastes, causés par les activités humaines. Nous avons l’obligation de tout faire pour stopper ces bouleversements, et surtout imaginer et construire dès maintenant le monde meilleur, plus juste pour toute-x-s ,plus vivable, plus respectueux envers tout-x.

Je me rallie aux voix qui exigent dès à présent d’être utopiste et démesuré-e. Car le problème ne peut être résolu par de petits gestes (même si ces petits gestes peuvent changer en ce qu’ils signifient une intention utopiste). Or le problème est démesuré et profond. Face à cela, nous avons l’obligation d’être démesuré-e-s, inventif-ve-s, utopistes. La démesure du problème appelle une mobilisation massive, extraordinaire et décomplexée.

Pour aller plus loin dans ces réflexions, voir aussi : les autres articles parus dans le blog “Au jour d’après ? Quel jour d’après ?” de Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog?page=4

l’appel des Amis de la Terre : https://www.amisdelaterre.org/plus-jamais-ca-preparons-le-jour-dapres/

“la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains”

En ces temps étranges, difficiles, où l’on doit faire face à nous-mêmes et avec nos proches confiné-e-s, nous relayons ici les paroles de Coline Serreau. Dans une interview donnée à France Inter le dimanche 22 mars 2020, elle met des mots sur des colères, des gratitudes, des réflexions que chacun-e expérimente à sa sauce.

Il peut être difficile de continuer. En tout cas comme avant, cela devient de moins en moins envisageable. Il est encore plus difficile de trouver sa place dans ce monde qui est en cours de reconfiguration (si pour peu, cette crise socio-sanitaire nous touche le moindre). Nous ne pouvons qu’essayer d’agir avec solidarité, courage, justice, et souci envers les plus précaires. Et peut-être aider à ce que le monde en devenir puisse être meilleur ?

“LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT”

(par Coline Serreau, réalisatrice française, transcription d’extraits de l’interview du 22.3.2020, France Inter)

“Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment “exploitants agricoles” reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers.

J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ?

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médicine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes.

Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres “pestes” seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour.

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin.”

Swiss Women Artists Project

Nous avons le plaisir de relayer la création de l’association Swiss Women Artists Project (SWAP).

Cette association a une visée sociale ayant pour but d’amener un nouveau regard sur les artistes femmes en Suisse, du 19e siècle à nos jours. A travers notamment un programme de cours souhaitant rendre l’art et la culture accessible à tous les publics, SWAP remet sur le devant de la scène des artistes trop longtemps écartées de l’historiographie.

SWAP c’est aussi une plateforme qui coordonne des projets de documentation historique, de médiation culturelle et de promotion du travail des artistes femmes suisses.

Elle propose un dictionnaire avec des notices documentant la vie, le travail et les références bibliographiques de plusieurs artistes.

https://catimalb.unil.ch/swap/fr