La situation de crise sociale, causée par la pandémie du covid 19, laisse plus d’un-e le temps de réfléchir sur nos priorités de vie et les valeurs que nous chérissons. Un grand nombre de citoyen-ne-s, de mouvements, d’associations ont fait entendre un “Plus jamais ça !”.

Le message est clair : “Il ne faut pas un retour à la normale, car la normalité est le problème”.

Pour une réflexion sur ce qu’il est nécessaire pour la suite de ce que nous vivons maintenant (encore semi-confiné-e-s pour la plupart), voici le lien d’une lettre de Matthias Langhoff parue sur Mediapart.fr le 20 avril 2020 : “Donner congé aux destructions de la culture” : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog/200420/donner-conge-aux-destructions-de-la-culture-par-matthias-langhoff

Matthias Langhoff appelle d’abord à revoir de fonds en comble les méthodes de subventions pour le théâtre (qui est son domaine d’activité) et pour la culture en général.

Ce soutien à la culture doit être le souci de tout-e un-e chacun-e, car elle est un bien public, tout comme l’est l’éducation.

“La culture ne dépend pas d’événements pour exister, elle naît de la participation de chacun et du travail.” (M. Langhoff)

Matthias Langhoff conçoit la culture comme distincte des formes événementielles et spectaculaires des rencontres culturelles. Ces dernières relèvent de la marchandisation de la culture liée à un marché (marché de l’art, marché des festivals, marché des concerts, etc.). Pour sa survie, la culture devrait se détacher de cette forme problématique (fortement discutée depuis notamment “la société du spectacle” de Guy Debord).

“Que signifie pour les musiciens travailler un morceau de musique, que ce soit une création ou une oeuvre du répertoire, pour une seule représentation ? C’est une vacherie, et pas seulement sur le plan financier ; ils sont aussi trompés dans leur sentiment de vivre de leur travail.” (M. Langhoff)

Ainsi c’est le salaire des artistes qui ne devrait pas être déterminé par le marché. Nous retrouvons ici une revendication de groupes d’actrices et acteurs culturel-le-s qui exigent un revenu de base inconditionnel, autant pour les permanent-e-s, les intermittent-e-s et les indépendant-e-s.

Le revenu de base inconditionnel est nécessaire pour le monde culturel, mais également pour tous les autres domaines d’activités.

“Change le monde (il en a besoin)” (Bertold Brecht).

Que nous le voulons ou non, nous sommes dans une période de crise. Celle-ci est de taille, car elle pourrait mener à l’extinction de l’espèce humaine. Une chose est sûre : la biodiversité et la vie sur Terre connaissent de graves bouleversements qui leur sont néfastes, causés par les activités humaines. Nous avons l’obligation de tout faire pour stopper ces bouleversements, et surtout imaginer et construire dès maintenant le monde meilleur, plus juste pour toute-x-s ,plus vivable, plus respectueux envers tout-x.

Je me rallie aux voix qui exigent dès à présent d’être utopiste et démesuré-e. Car le problème ne peut être résolu par de petits gestes (même si ces petits gestes peuvent changer en ce qu’ils signifient une intention utopiste). Or le problème est démesuré et profond. Face à cela, nous avons l’obligation d’être démesuré-e-s, inventif-ve-s, utopistes. La démesure du problème appelle une mobilisation massive, extraordinaire et décomplexée.

Pour aller plus loin dans ces réflexions, voir aussi : les autres articles parus dans le blog “Au jour d’après ? Quel jour d’après ?” de Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/au-jour-dapres/blog?page=4

l’appel des Amis de la Terre : https://www.amisdelaterre.org/plus-jamais-ca-preparons-le-jour-dapres/